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Patrick Coutin en concert à La Biscuiterie de Château-Thierry le 29 février

En concert à La Biscuiterie, le 29 février, Patrick Coutin a accepté de répondre à nos questions.

Autant : « En 1981, votre chanson « J’aime regarder les filles » a connu un immense succès. Dans quelles circonstances avez-vous créé ce tube ? »

Patrick Coutin : « J’ai eu la chance en juillet 1980 de bénéficier de séances au célèbre studio d’enregistrement du Château d’Hérouville où de prestigieux musiciens, comme par exemple Elton John, m’avaient précédé. Au départ, c’était pour un jour ou deux puis, avec le désistement de Jacques Higelin, ce fut pour un mois. Au bout de quelque temps, la fatigue aidant, nous avons tous eu envie de remplacer la concentration très exigeante de notre travail par la décontraction liée aux plaisirs de la plage. C’est dans cette ambiance qu’un matin, j’ai annoncé à mes amis musiciens que je tenais peut-être quelque chose. Je leur ai joué le riff de guitare qui m’avait été inspiré et la chanson est venue ensuite très naturellement. »

Autant : « Finalement, on peut dire que morceau a trouvé son public grâce à l’éclosion partout en France des radios libres ? »

Coutin : « Oui, tout à fait. La chanson est sortie le 21 mars et les radios nationales préféraient la passer à des horaires tardifs en raison du côté un peu sexy et provocateur du texte. Après l’élection de François Mitterrand à la Présidence de la République, tout a changé, car dès le mois de mai les radios, dites libres à l’époque et que l’on appelle locales désormais, ont diffusé le titre en faisant ainsi le premier tube de la bande FM. Ensuite les médias nationaux ont embrayé le pas pour contribuer à en faire le plus gros succès de mon parcours musical. »

Autant : « Votre aventure artistique a d’ailleurs été variée : musicien, auteur, compositeur, chanteur, producteur, etc. Vous avez œuvré dans de nombreux domaines artistiques. Le 18 avril, vous allez surprendre en dévoilant un projet aussi ambitieux qu’original : trois albums vinyles présentés dans un coffret aux allures de boite de pizza. À une époque où certains chanteurs ont du mal à produire un album tous les quatre ans, vous en sortez trois en même temps, tous autour du concept du paradis. Pourquoi avoir fait le choix de cette thématique ? »

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Coutin Paradise – La Pizza Box

Coutin : « Vous l’aurez sans doute remarqué, le paradis ou la recherche du bonheur est une notion de plus en plus présente de nos jours. C’est ce que nous proposent régulièrement nos hommes politiques. Le marketing s’en sert plus que de raison pour nous inciter à acheter tel ou tel produit. Cette suprême promesse de toutes les religions a donc été récupérée par le business. Autrefois, le paradis venait en opposition et comme une récompense à une vie terrestre particulièrement difficile. Quand j’ai débarqué à San Francisco, l’hôtesse de l’air m’a dit : « Welcome in Paradise ! » d’un air de dire bienvenue dans ce que vous occidentaux considérez comme le paradis, mais qui en fait est tout le contraire ! Mais cette recherche permanente du paradis est une main qui se tend vers quelque chose qui s’éloigne en permanence. Aussi quatre-vingt-dix pour cent de mes chansons traitent de cette différence entre l’objectif et son atteinte. Mais, ce qui compte ce n’est pas la destination, mais le chemin pour y parvenir. Le monde n’a jamais été aussi mal, mais on continue de vouloir atteindre le Nirvana ! »

Autant : « Comment vous est venue l’idée de ce triptyque ? »

Coutin : « Je suis d’une nature prolixe, donc j’écris beaucoup en général et là je me suis retrouvé avec quarante-cinq titres, ce qui fait que j’ai opté pour trois albums. »

Autant : « Et la maison de disque a suivi ? »

Coutin : « Ma force, c’est que, depuis plusieurs années, j’ai mis en place avec quelques amis, des structures pour pouvoir produire ce que je veux, quand je le veux, ce qui m’a permis de travailler avec d’autres artistes comme Les Wampas, Dick Rivers, Michel Delpech. »

Autant : « Vous avez également collaboré à la revue Rock and Folk en tant que journaliste à une époque ? »

Coutin : « Oui. Je connais un peu ce métier de journaliste et d’ailleurs je viens d’être récemment contacté par une maison d’édition pour publier un livre sur un groupe de légende : Les Doors, qui sortira donc prochainement. »

Autant : « Étiez-vous déjà venu à Château-Thierry ? »

Coutin : « Oui, j’ai eu l’occasion d’y passer, mais sans jamais visiter la ville ni y jouer. Cette fois, j’y reste plusieurs jours donc je vais pouvoir la découvrir. C’est donc doublement une première pour moi ! »

Propos recueillis par Jean-Charles Marchand

 

Infos & réservations sur : www.labiscuiterie.org

 

 

 

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