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Réanimation : tiré de l’enfer par des anges…

Soignantes de l'hôpital de Château-Thierry

Ces formidables petites guerrières avec leur costume de papier (sic).

Joël Ruffin, entrepreneur férois fraîchement retraité, est un fidèle lecteur de notre titre. Gravement touché fin mars par le coronavirus, il nous a fait parvenir un petit mot particulièrement poignant pour témoigner du très douloureux épisode qu’il vient de traverser. Un récit par lequel il souhaitait avant tout exprimer sa profonde reconnaissance envers les équipes médicales et soignantes du service de réanimation de l’hôpital de Château-Thierry.

Joel Ruffin, de Fere en Tardenois.

Joël Ruffin tiré de l’enfer.

Hélas mal aiguillé au départ, son témoignage a commencé à fuité ces jours-ci sur certains relais locaux des réseaux sociaux propres à le dénaturer. C’est donc, dans sa version originale, sans ajouts intempestifs et de ses propres mots – ainsi qu’il va de soi – que nous avons choisi de le publier.

Joël Ruffin nous écrit : « Atteint par le coronavirus, je suis rentré dans le service de réanimation du Dr. M. Fiani le vendredi 27 mars pour y être immédiatement « intubé » ; soit 10 jours dans le coma et 3 semaines de soins intensifs…

J’ai été très bien soigné, d’une façon attentive et professionnelle ! Toutes mes infirmières, aides-soigantes et kinés, ces formidables petites guerrières avec leur costume de papier n’ont jamais fait un pas en arrière… Elles m’ont soigné aussi bien dans mon corps que dans ma tête car cette « vacherie » de virus vous enlève la totalité de vos forces et vous rend mentalement très vulnérable. Mais mes petites « abeilles » étaient là, toujours présentes, toujours le sourire, toujours un petit mot d’encouragement, toujours de l’humour…

Personnel soignant de l'hôpital de Château-Thierry

Un beau coup de chapeau pour tout le personnel (sic)

Je n’oublierai jamais ! très malade, dans le fond de mon lit, j’étais très conscient et j’ai réellement cru que j’allais mourir… Ce sont des moments difficiles et puis le moral est revenu et, toujours dans le fond de mon lit, je me suis juré de faire un article… Un petit mot de remerciement, un peu de champagne bien-sûr, et je vais le faire… mais un article dans votre journal pour remercier tout le service du Dr. Fiani et l’hôpital de Château-Thierry serait, je pense, un « beau coup de chapeau » pour tout le personnel et l’établissement… Et puis aussi, je pense donner du courage aux gens atteints du virus et faire de la prévention car « ça n’arrive pas qu’aux autres »… Moi, à 70 ans, je viens de vendre ma petite entreprise artisanale et pris ma retraite, j’étais dans le drainage agricole et suis fortement connu dans un rayon de 100 km par tous les agriculteurs… Moi qui suis arrivé à Fère-en-Tardenois en 1970 après mon service militaire, cette région que j’aime où mes enfants sont nés et vivent à leur tour dans le sud de l’Aisne ; moi qui ai sillonné toutes les plaines de la région… Eh bien, moi, je pensais être invulnérable…

Ophélie, kiné de l'hôpital de Château-Thierry

Parmi les petites abeilles (sic) Ophélie, kiné de l’hôpital.

J’ai ressenti les premiers symptômes le lundi 16 mars, jour du discours de confinement de notre président… Ce virus, cette bête, m’a attrapé sournoisement dans ses griffes pour me broyer doucement mais inexorablement… Je suis sorti maintenant de l’hôpital et me soigne chez moi au sein de ma famille qui m’a tellement manqué. Ma santé s’améliore de jour en jour mais je reste suivi par l’hôpital.

Je remercie toutes les personnes qui m’ont soigné et tous les amis qui m’ont soutenu (j’ai trouvé 87 messages sur mon téléphone). Des soutiens au nombre desquels mon ami Jean-Paul Roseleux, le maire de Fère-en-Tardenois ».

Recontacté par nos soins à propos de son actuel état de santé, notre férois revenu de l’enfer après un mois de lutte contre la mort, nous a précisé qu’il avait perdu pas moins de 18 kg mais que tout allait beaucoup mieux puisqu’il en avait déjà repris 7 (sourire) depuis son retour entre les siens. Mais, pour conclure, laissons lui plutôt ces quelques sages recommandations : « Ami(e)s du sud de l’Aisne, restez prudents : la bête est toujours là, sournoise, féroce et meurtrière ; prête à sortir des ténèbres pour vous prendre dans ses griffes et pour vous broyer ! »

Daniel Lambert – Agence de Presse lambert multimedia – Château-Thierry

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